Affichage des articles dont le libellé est Une scène - un ténor. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Une scène - un ténor. Afficher tous les articles

dimanche 11 octobre 2009

Opéra de quatre sous ou spectacle à deux balles ?

Après quelques pérégrinations mouvementées, j'ai enfin pu récupérer mon abonnement annuel pour la nouvelle saison de l'opéra de Rennes. Jeudi dernier, j'allai donc avec empressement au premier spectacle qui s'offrait à moi, à savoir un opéra concert : Orphée et Eurydice... de Gluck.

Le concept étant d'avoir l'orchestre, non pas confiné dans la fosse qui lui est dédiée, mais sur la scène, avec les choeurs de l'opéra et les chanteurs lyriques, et donc sans mise en scène ! C'est moins attrayant qu'un opéra classique, mais bien orchestré, cela peut avoir son charme.


Seulement voilà... Contrairement à la présentation qu'en fait le site de l'opéra de Rennes, de charme il ne fût nullement question, loin de là, rompu dès les premiers instants, il laissa place à une orchestration quasi militaire qui ennuya quelque peu le public mais plus encore les musiciens eux-mêmes, quand ce n'était pas le choeur qui s'assoupissait ! Belle brochette de têtes tombantes en l'occurrence sous les projecteurs de l'opéra, ce fût un piètre spectacle ! Étonnant aussi, des musiciens du premier rang (qui ne pouvaient donc passer inaperçus) quittant leurs sièges après quelques minutes d'interprétation... D'autre plus surprenant encore (si c'est possible !), lorsqu'on s'aperçoit que l'un d'entre eux va tenir compagnie à la harpiste, sise au fond de la scène, et bavardant de bon coeur... toujours sous le feu des projecteurs... Ambiance !


Il faut également préciser que le chant y tient peu de place (hormis celui des choeurs), et que l'on y prête d'autant plus d'attention. Et bien là aussi, ce fût un grand étonnement, pour ne pas dire une franche déception. Voyez plutôt... Un ténor dont la silhouette n'a rien en commun avec un (éphèbe) charmeur de lyre (bien que ce soit un détail) mais qui produisit une interprétation que d'aucun qualifierait de "rustre", en totale disharmonie avec le chant et le personnage invoqué. Quant à l'"Amour", alors là, je pouffe... de rire ! D'abord l'accoutrement... Affublée d'une robe rouge sang, façon barbie-latino-va-au-bal. Ensuite, bien que le texte soit interprété en français, le prompteur n'aurait pas été superflu. Cette demoiselle, à la voix pourtant irréprochable, roulait les "rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr" à n'en plus finir, ce qui rendait quasi inaudible le chant. Il n'y a qu'Eurydice, impeccable tant au niveau de sa prestation que de sa prestance, mais faisant "tâche" de perfection aux côtés de ce tout disharmonieux au possible et tout à fait improbable !

La crise est sans doute passée par là... je souhaite seulement qu'elle ne s'y attardera pas !!!

samedi 25 avril 2009

Macbeth : le roi d'Ecosse selon Verdi

Mélodrame en quatre actes d'après l'oeuvre de William Shakespeare, musique de Giuseppe Verdi.



DUREE : 2h40
Direction musicale Giuseppe Grazioli
Choeur de l'Opéra de Rennes (direction : Gildas Pungier)
Solistes de la Maîtrise de Bretagne (direction : Jean-Michel Noël)
Orchestre de Bretagne
Macbeth
Marzio Giossi
Lady Macbeth Olga Romanko
Banco Andrea Papi
Macduff Luc Robert
Malcolm Mathias Vidal



Quand Giuseppe Verdi se mesure pour la première fois à Shakespeare, il se tourne délibérément vers l'une des pièces les plus sombres de ce géant de la littérature. La noirceur de Macbeth trouve une troublante résonance à l'époque romantique et le compositeur italien signe, après Nabucco, son deuxième chef-d'oeuvre. La folie meurtrière s'incarne dans une musique tour à tour brutale, héroïque, passionnée, mais aussi inquiétante et mystérieuse lorsque les sorcières délivrent à Macbeth leurs énigmatiques prédictions.






Encouragé par les étranges prédictions des Sorcières et par l’ambition dévorante de sa femme, le général Macbeth tue son roi et usurpe son trône. Ce n’est que le début d’une spirale de meurtres toujours plus horribles qui, loin de porter le couple à la jouissance de ce pouvoir si longtemps désiré, l’entraîne dans les tréfonds d’une culpabilité grandissante, qui envahit leurs jours et leurs nuits.
Un opéra brûlant de consciences consumées. Jamais le couple Macbeth n’est vu à la lumière d‘une relation amoureuse : pas de duo d’amour, pas de sollicitude ou de tendresse de l’un envers l’autre. Un couple froid, sans descendance ni passion autre que l’ambition ; voilà leur seul moteur, qui d’ailleurs sait fort bien darder les aiguillons de l’encouragement érotique. Les grands moments sont bien mieux les monologues des protagonistes, et les scènes de confrontation à des forces qui ne sont pas directement ennemies mais plutôt révélatrices de leur moi profond. Des études de conscience – et, déjà, de l’inconscient.


Petites critiques (acerbes ?) entre amis.

D'aucun dira que Lady Macbeth, avec son look de barbie blonde botoxée-siliconée sur le retour, marquait des limites vocales dans les graves et poussait les aigus à leur paroxysme. L'autre que Macbeth, quant à lui, avait fourni une prestation moyenne, notamment lors du 1er acte.

A contrario, et à l'unanimité les seconds rôles étaient magistralement interprétés et les coeurs de l'Opéra n'ont pas failli à leurs sollicitations nombreuses. Il faut également souligner, à cette version concertante que l'Orchestre de Bretagne nous a transporté avec dynamisme et justesse tout au long de ce spectacle. Les applaudissements n'ont d'ailleurs pas manqué de marquer la différence de prestation entre les uns et les autres, comme le souligne Ouest France.

lundi 3 novembre 2008

Der Vampyr !

Pour vous mettre en situation, imaginez-vous l'opéra de Rennes, grand comme une salle de cinéma (à l'italienne) mais beaucoup moins confortable (autrement dit, il faut mesurer 1.50 m et peser 30 kg pour se sentir aisément installé sur une assise fatiguée par le poids des séants qui s'y sont posés au fil des années).

Une atmosphère surchauffée dans laquelle, la promiscuité des lieux ne vous donnent d'autre alternative que de renifler les effluves de vos voisins plus ou moins heureuses et la chaleur humaine s'ajoutant à celle de la salle. Autant dire que l'entracte et l'ouverture des portes fait office d'une bouffée d'air pure des montagnes trop longtemps attendue et que la buvette est assaillie par les gosiers asséchés.


Opéra romantico-fantastique en deux actes de Heinrich August Marschner. Der Vampyr est un ouvrage chanté en allemand d'une durée de 2h30. Crée en 1828, il se situe entre Hoffman, Carl Maria von Weber et le vaisseau fantôme de Richard Wagner. Oeuvre majeure du romantisme allemand, ce monstre terrorisa le public de l'Opéra de Leipzig, qui se vengea plus tard en le condamnant à l'oubli.

Der Vampyr est un opéra romantique (puisqu'on vous le dit !) et sans doute l'ancêtre du gothique et de ce qui seront par la suite les légendes de Dracula et autres monstres buveurs de sang.




La créature maudite doit s'abreuver du sang de trois jeunes vierges afin de prolonger son séjour terrestre.

Toutefois, le metteur en scène, Zoltan Balazs a jugé bon de transposer le vampire en question dans un accoutrement japonisant façon kabuki, affublé d'un sabre mais point de canines surdimensionnées ! Toutefois, les décors on ne plus épurés aux couleurs pastelles tranchent avec l'idée que l'on a d'une créature, généralement présentée vêtue de noir et parfois teintée de rouge aux commissures des lèvres. Les costumes arborent des couleurs plus chatoyantes, qui elles aussi dénotent avec l'atmosphère qui se voudrait lugubre, mais romantisme oblige s'en trouve attendrie.

Choix d'autant plus curieux, puisque l'histoire se déroule dans l'Ecosse du XVIIIe siècle.


Autre surprise, les coeurs de l'opéra viennent se mêler aux spectateurs en leur chuchotant dans l'oreille des refrains dignes d'une berceuse. Enfin presque ! N'oublions pas qu'il s'agit d'un ouvrage chanté en allemand ! Décidément, ce vampire là est déconcertant mais point dénué d'intérêt et fort bien accueilli par le public, à en croire les applaudissements.