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mercredi 4 novembre 2009

Comment cultiver son alcoolisme mondain...

Quitter Rennes sur les chapeaux de roues et c'est parti pour quelques heures de route... de quoi mettre en éveille les papilles gustatives en mal d'hydratation. Arriver au pays de la vigne et des caves, bercé par un climat humide et pluvieux, laissant apparaître par endroit quelques trouées ensoleillées. C'est alors que s'illuminent la ville et les coteaux légèrement vallonnés qui l'entourent, laissant ressurgir les couleurs de l'automne entre ocre jaune, rouille et brun. Un festival de couleurs que j'apprécie de voir se déployer, au fur et à mesure que le paysage défile devant mes yeux.



Reims ! Ville médiévale, s'il en est, de par son architecture, sa cathédrale imposante et magestueuse, ses rues pavées, sa basilique, ses maisons d'habitation et autres vestiges incontournables. Déambuler dans les ruelles chargées d'histoire, même par un ciel si bas que Jacques Brel en aurait fait une chanson. La visite de la cathédrale reste un passage obligé (avec le palais du Tau) et entrer dans ce lieu mythique par la grande porte donnerait presque la chair de poule ! Une messe s'y tenait. L'entrée de l'allée centrale, gardée par un fidèle à l'accoutrement d'un autre âge et doté d'une coiffure à-la-j'en-ai-marre-de-vivre prenait sa tâche très au sérieux, ne laissant quiconque entrer ou sortir tant que l'office ne fut terminée. Tandis qu'un écran LCD promouvait les processions et autres émisssions audiovisuelles la concernant. Les touristes contemplaient les vitraux bleutés dont certains furent redessinés par Chagall, qui vint en son temps y laisser son empreinte.



L'ange au sourire

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Quitter le pays du biscuit rose, capitale champenoise pour se rendre dans le berceau des caves de renoms, Epernay. Emprunter la très fameuse Avenue de Champagne* et découvrir de somptueuses demeures au milieu desquelles se trouvent la célébrissime maison Moët et Chandon. La bâtisse accueillante et sobre s'offre au visiteur. Une visite s'impose !


Entrer dans le parking et s'imaginer au salon de l'auto avec ces berlines rutilantes et luxueuses, pour la plupart immatriculées en Belgique d'ailleurs (les ardennes -et donc la frontière- ne sont pas très éloignées). S'offrir une dégustation (2 verres) au prix de la bouteille, c'est du luxe que l'on ne se refuse pas dans l'enceinte de LVMH ! Eviter soignement le débarquement de touristes (étrangers ou pas) venus en bus, et de loin -voir de très loin-, exclusivement pour ça ! Déambuler dans les caves humides et fraîches et se dire que là, à porter de main, sommeillent des bouteilles de Don Pérignon (qui ne sortent qu'en millésimes -donc années exceptionnelles- et par définition rarissimes) qu'on ne peut que contempler et c'est juste inhumain ! Discuter avec la charmante hôtesse et s'amuser de voir une cliente s'émoustiller en agitant vigoureusement son sac-à-main Vuitton comme pour démontrer qu'elle est une véritable fervente du groupe LVHM, telle une fan pré-pubère se pamant devant son idole... aussi hilarant que ridicule !



Sillonner les villages champenois et se dire que dans cette contrée viticole les représentants de l'odre ont déserté la région... à moins que nous ne soyons passés entre les mailles du filet ?

* Le champagne est constitué à partir de trois cépages : le pinot noir, le pinot meunier et le chardonnay. Les deux premiers étant des raisins noirs à jus blanc. A noter que Moët et Chandon dispose de la moitié des terres viticoles de la région.

mardi 21 juillet 2009

Les miss Quechua font du camping !

Recevoir une invitation et l'accepter sur un coup de tête, juste pour le plaisir de braver l'imprévu. Partir sur les chapeaux de roue et constater au bout d'une demi-heure de route que j'ai oublié mon billet (j'ai pourtant perdu ma blondeur depuis plus deux ans) ! M'entendre proférer des menaces de risques de strangulations intempestives pendant mon sommeil (toutes connotations sexuelles mises à part)...

Arriver aux abords du site et attendre patiemment dans l'interminable file d'attente qui mène au parking ouest, l'accès à l'autre parking étant fermé. Voir avec amusement ma complice se transformer en tortue ninja en arborant la tente Quéchua sur le dos. Se charger comme des bêtes de somme pour amener le matériel jusqu'au camping. Installer son espace vital au beau milieu du champ de Quéchuas déjà implantées. S'apercevoir que les bouteilles en verre sont prohibées sur le site du festival. Savoir que le coffre de la voiture en est fourni généreusement et qu'elles vont nous rester sur les bras (du moins pendant le week-end). Tenter d'en sauver quelques unes en les enveloppant dans une serviette, petite culotte noire par dessus pour faire diversion ! Ne vous demandez pas à qui est venue cette idée saugrenue, je ne vous répondrai pas, même sous la torture ! Passer, sous notre regard complice et malicieux le premier contrôle (masculin), continuer notre route gaiement et se faire rabrouer au contrôle suivant (féminin), damned !


S'armer de son bracelet, véritable laisser-passer sans lequel aucun accès n'est envisageable. Sachant qu'il y a un contrôle pour le parking, le camping et le site des concerts. Entrer au coeur du festival après fouille et palpation en règle. Prendre un bain de foule pour accéder tant bien que mal à la scène Glenmor où la musique bat son plein. Les Killers sont à l'honneur depuis quelques temps déjà, mais rien n'entache le plaisir des yeux et des oreilles... celui d'être là tout simplement à assister à cette ferveur... Ambiance !










Après une heure d'attente, c'est au tour du Boss de prendre la relève. L'évènement du festival des Vieilles charrues ! Personnellement, je l'ai découvert dans sa grande période, celle de l'album Born in USA (le septième et meilleur de sa carrière en 1984) et du single éponyme qui en sortira pour le faire découvrir au monde entier, avec des titres comme I'm goin down, I'm on fire, Glory days et Dancing in the dark... chanson pendant laquelle Le Boss a pour coutume d'inviter une jeune fille (brune de préférence) - et dont il pourrait être le grand père - à échanger quelques pas de danse avec lui. Ce soir, c'est celle qui brandissait une pancarte mentionnant "the french Courtney Cox"... comment résister ?










Bien que je ne sois pas une inconditionnelle du Boss, hormis pour les titres évoqués un peu plus haut, il faut reconnaître la performance de sa prestation, enchainant les titres à une cadence prodigieuse. Le sexagénère (non ce n'est pas une insulte sexiste) a gardé toute sa verve, mouillant la chemise au sens littéral du terme deux heures durant et offrant aux festivaliers un véritable show à l'américaine, aidé de toute l'artillerie prévue à cet effet. Prenant même le risque de s'aventurer à lancer une phrase en breton, de sa voix nasillarde avec un accent texan à couper au couteau. Les fans en auront pour leur argent !

Après avoir regagnées notre habitation légère, dans la pénombre et l'odeur de graillou, pour un repos bien mérité, force est de constater que trouver le sommeil dans un camping fréquenté par des festivaliers en ébullition n'est pas une mince affaire. Entre les passages intempestifs des uns, les chansons inaudibles et borborythmes des autres, imprégnés d'une alcoolémie qui ferait frémir tous les éthylotests de compétition, il faudra s'armer de patience et attendre que la pluie mette fin à ce brouhaha pour calmer les ardeurs de chacun.



Réveil matinal et constater que notre espace vital s'est réduit à une peau de chagrin. Le moindre centimètre carré étant occupé par des toiles de tentes. Les répétitions ont déjà commencé et l'agitation se fait grandissante autour de nous. C'est l'heure de la douche ! Sur le chemin nous est offert le petit blanc local, j'ai nommé le lait frais breton. On y trouve également les journaux locaux reprenant en première page l'évènement de la veille et quelques petits accessoires. Force est de constater que le télégramme (contrairement à Ouest France) est d'un parti pris sans concession qui ferait rougir de jalousie Hara-Kiri et le Figaro réunis (même si cette union est plus qu'improbable !) et pour lequel seul Le Boss fait l'objet une critique plus qu'élogieuse (le grand seigneur texan à toutes les vertus du monde) quand à peine cinq lignes singlantes et non justifiées (le concert n'ayant lieu que le lendemain... cherchez l'erreur !) sont écrites pour Lenny Kravitz !!!



Il y a une file d'attente monstrueuse aux toilettes sèches. Ce système écolo, sans odeurs nauséabondes ou presque, entièrement en bois et pour lesquelles, à chaque passage, on vous remet une mesure sciure de bois. Pour la toilette, deux possibilités, soit les douches privatives, qui se résument bien souvent à un simple rideau plastique, mais froides ou les douches collectives mais chaudes, où la promiscuité et le manque d'hygiène font bon ménage. Make your choice girl !



Le premier concert de la journée débute par Nneka. Jeune chanteuse d'origine nigériane offrant une musique teintée de soul, hip-hop et reggae avec pour toile de fond des textes vibrants, tout en émotion. Une vraie découverte. Un moment de douceur dans ce monde de brute.



C'est le pétillant Bénabar qui prendra la relève. Look sobre avec humour et auto-dérision au rendez-vous. Accessible et chaleureux, il sait réveiller une scène et mettre l'ambiance. Petit bonheur à ne pas rater, c'est un régal !











Après cinq heures d'attente, le moment tant attendu arrive enfin. La tension est à son comble, l'impatience est de mise, la chaleur monte, la rumeur gronde et les appels incessants. Plus de cinquante mille personnes agglutinées devant la scène. Je me trouve au troisième rang (emplacement inespéré). La foule en délire s'agite telle une houle grandissante. Je suis le mouvement de la marée. Ca tangue, ça vacille. Assimilée à une déferlante, la foule se meut pour s'abattre vers la scène telle une vague venant se fracasser sur un récif. Lenny Kravitz entre en scène. Je le vois à peine, tellement l'agitation est grande. C'est le délire complet. Les marées s'intensifient toujours davantage. Je suis emportée, ballotée, mes pieds ne touchent plus le sol, oh my god, je vole ! J'ai la sensation de ressembler à une sardine, serrées dans sa boîte entre ses congénaires. Je suis oppressée, c'est le moment ou jamais de tenter le slam ! Je lève le bras. Un agent de la sécurité vient à mon secours, me soulevant telle une plume (sans y omettre une palpation en bonne et dûe forme) mais risquant d'y laisser au passage mon jean et mes baskets. J'ai dit un slam pas un trip, bordel ! Me voilà reléguée sur le côté, à quelques cinquaines de mètres de la scène mais je respire... de nouveau. Les arrivées sont incessantes. La marée fait des victimes à tour de bras. Certains arrivant même en pleurs. Mais le show continue. Un Kravitz vêtu d'un blouson de cuir près du corps... ahum...très près du corps, qui ne le quittera pas. Un bonnet-affro dont il se débarrassera assez rapidement pour le grand plaisir de tous. Voix suave, charisme incontestable, il sait séduire la foule, à ses pieds. Il va même jusqu'à ôter... ses lunettes de soleil ! La chaleur grimpe, la température est torride, même en pleine nuit par 10° C et sous une pluie fine. Lenny prend des risques ! Il se laisse carresser... les mollets ! Se frottant aux fans en délire, tels des pyranhas bondissants. Il enchaîne les tubes que la foule reprend systématiquement et en choeur, c'est l'exultation. Une musique enivrante, des musiciens d'exception, une présence emblématique. Le paroxysme est son comble. Lenny prend même la liberté de rendre un hommage à Mickaël Jackson, en interprétant Billy Jean. Une heure et demi de bonheur intense. Bref, c'était fantastique !

























Après ça, pour se rafraîchir les idées et se remettre de ses émotions, certains (en caleçon... ahum) ont eu la lumineuse idée de plonger allègrement dans la boue, histoire de se dégriser un peu... Ambiance !!!



Samedi. La journée débute avec Cocoon et sa boîte à bits. Jeune groupe français qui apporte un peu de fraicheur et d'humour dans ce festival. C'est gai et chaleureux. Une découverte fort sympathique qui mérite le détour. Après quoi, j'ai fait l'impasse sur les Frères Morvan et les tombours du Bronx que j'ai écouté sur une oreille distraite, le temps d'aller retrouver la scène Kerouac pour rejoindre Ginzhu, venu à l'improviste pour palier aux chamboulement provoqués par l'incarcération de Joé Star, d'une part et la défection de Lily Allen d'autre part. Mais quelques peu déçu par le style electro-pop, j'ai finalement renoncé.












Retour à la scène Glenmor pour Renan Luce que j'ai trouvé terne et sans entrain. Pour tout dire, je me suis ennuyée et partie avant la fin, poussée par la curiosité afin de découvrir Izia, la fille de Jacques Higelin. Alors là, comment dire ? C'est du grand n'importe quoi ! La caricature vulgarisée de Janis Joplin, n'hésitant pas se rouler sur la scène en soutien gorge tout en éructant une chanson inaudible. Un beau gâchis avec une voix comme la sienne mais visiblement, le maître mot de la pauvresse est avant tout la provoc' et non la performance vocale !


La bonne surprise de la soirée étant Charlie Winston, déprogrammé de la fin d'après-midi pour la soirée, au grand plaisir de tous. Le petit bonhomme au chapeau a su charmer un public enjoué par sa prestation scénique et son répertoire non moins intéressant.













Dimanche et dernier jour. La fatigue commence à se faire sentir. Sur le chemin, l'on peut voir ici et là les effets de celle-ci, mêlée à ceux de l'alcool et trouver des personnes endormies sur le bas côté ou sur un talus que la croix rouge vient examiner pour plus de précaution. Sur le festival, on y trouve des abus en tout genre, que ce soit l'overdose de... red bull ou le régime frites-saucisses-bière avec ses effets secondaires quand ce n'est pas à celui qui tiendra le plus longtemps sans se laver... pourvu qu'il ne lève pas les bras pendant les concerts celui-là !



Il faut dire qu'au terme de ce festival, le site ressemble davantage à un grand dépotoire jonché de gobelets en plastique et autres détritus en tout genre dont il émane des éfluves digne d'une pissotière gigantesque malgré les infrastructures prévus à cet effet dont la discrétion laisse parfois à désirer. J'en veux pour preuve, cette espèce de mangeoire, transformée pour la cause en urinoire mais ouverte à tout vent et à tous regards. Certains n'hésitant pas à s'exhiber joyeusement, le verre de bière à la bouche ou dans l'autre main... Ce que certaines filles n'hésitent pas, elles à prendre en photo... ambiance !



Par ailleurs, il n'est pas rare de rencontrer des curiosités, comme bob l'éponse et sa troupe de sauveteurs ou encore des drapeaux bretons constitués de strings en noir et blanc ou enfin un défilé d'accoutrements plus exentriques et décalés les uns que les autres. Ici on se lâche... et ça se voit !



La scène débute par un Julien Doré bondissant qui n'hésite pas à grimper à l'échaffaudage pour se faire remarquer.













Ensuite, et par une manigance sournoise de ma complice, j'ai malheureusement manqué Francis Cabrel, que je n'avais plus vu en concert depuis... depuis... plus de quinze ans ! Damned ! Au retour de la diversion, The Ting Tings nous ont enchantés par leur musique pétillante et leur chanteuse non moins charmante au demeurant. Puis c'est la balance entre The Rakes et les TwoMany DJ's avant Moby. Dernier concert du festival avant sa fermeture.

mardi 30 juin 2009

A Lille, Maurice !



La place du générale De Gaulle (ou grand'place), point névralgique de la cité nordique. Là où siège le journal La Voix du Nord, la célibrissime librairie Le Furet, le Théâtre du Nord, la non moins sublissime place de la Bourse. Elle ouvre l' accès aux vieux quartiers Bobo que je ne me lasse jamais de visiter. Le Beffroi et l'Opéra à proximité, l'artère menant aux gares. La régionale, vieille bâtisse imposante que je ne connais que trop bien pour y avoir user les semelles de mes chaussures pendant six longues années. L'européenne, un mastodonde d'acier et de verre, en plein coeur du centre d'affaires. Sorti de terre depuis un peu plus d'une décennie et constitué pour l'essentiel de sièges banquaires et de grands hôtels à l'architecture moderniste, contraste avec le style d'inspiration flamande de la vieille ville. La place Rihour, qui juxtapose la grand'place avec ses cafés et brasseries en terrasse dont la fameuse Chicorée. Non loin de là les rues piétonnes menant aux grands boulevards et les Beaux Arts.


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Les incontournables, lorsque je me rends à Lille commence d'abord par une flânerie dans les ruelles pavées et sinueuses des vieux quartiers, aux abords de l'Hospice Comtesse et ses magasins de luxe. Une pause chez Meert pour satisfaire ma gourmandise par une dégustation de chocolats plus délicieux les uns que les autres. Après quoi, la visite des grands magasins comme le Printemps (aussi grand que le centre Alma à lui tout seul), suivi d'une balade bucolique au Bois de Boulogne ! Le dimanche matin on pouvait y voir les joueurs de Grimonprez Jooris venir s'entraîner au volant de leur bolide rutilant. Visiter le petit zoo.

A ne manquer sous aucun prétexte, le marché de Wazemmes, dans les quartiers populaires. Grand, hétéroclite et coloré, délicatement parfumé par des odeurs de nourritures orientales qui vous font voyager du maghreb jusqu'en asie. On y trouve de tout, même des herbes dont la culture est réprouvée par la loi ! Il y règne une atmosphère de souks très conviviale. Dépaysement assuré ! C'est un régal !


En soirée, la rue de la soif, près des Halles. Un boulevard tentaculaire, jonché de bars en tout genre aux enseignes lumineuses presque agressives. Lieux subversifs essentiellement fréquentés par les étudiants et les moins de trente ans. Pour les restaurants et bars branchés, mieux vaut se rendre dans le vieux Lille. Les bonnes adresses y sont légion et rivalisent de convivialité. Pour faire son choix, le lillois averti ira fouiner dans le Chti (homologue du p'tit Futé), la bible des sorties.

Pour les plus téméraires, l'évènement festif se déplace à quelques encablures de la ville, à la frontière franco-belge et même un peu plus loin. Là-bas on y trouve les boîtes de nuit les plus branchées, dont l'influence outre-atlantique à peine déguisée et subversive règne en maître. Le plus extraordinaire dans l'histoire, c'est qu'après s'être livrée aux démons de la techno et abreuvée sans concession dans ces lieux hautement décadents où les petites pilules euphorisantes circulent librement, la clientèle trouve toujours, même aux aurores, même à l'heure ou d'autres se lèvent pour débuter leur journée, une baraque à frites accueillante !





Mais on ne peut se rendre à Lille sans découvrir la truculente braderie ! Celle qui se déroule le premier week-end de septembre et neutralise le centre ville pour un déballage gargantuesque de marchandises en tout genre à vendre, à manger, à chiner. Bien qu'elle ait perdu de son prestige aujourd'hui, parce que raccourcie et gangrenée par le commerce professionnel, elle demeure néanmoins un rendez-vous incontournable. On y vient de loin, de très loin. De Belgique évidemment, mais aussi des Pays-Bas, d'Allemagne et d'Angleterre. Nostalgique de ce que j'ai pu connaître dans ma jeunesse, parce qu'à l'époque elle débutait le vendredi vers 16h et finissait le lundi à midi. Le gros Momo, alias Pierre Maurois, offrait alors généreusement le lundi à tous les habitants et entreprises de l'agglomération lilloise. Depuis Martine (Aubry) c'en est fini. La vilaine ! Elle débute désormais le samedi matin pour se terminer le dimanche dans la nuit.


Ceci dit l'atmosphère n'a pas changé. L'esplanade du Champs de mars envahie par les brocanteurs du dimanche, des gens comme vous et moi qui vident le grenier de mamie pour exposer des objets d'un autre temps. On y trouve de tout et parfois même des merveilles à des prix dérisoires. Une chaleur humaine rarement égalée et une atmosphère fort agréable qui met tout le monde de bonne humeur. Les contacts sont faciles, les discussions souvent teintées d'humour, les négociations bon enfant. On y fait toujours des rencontres, que ce soit en déambulant entre les étales des exposants ou à la terrasse d'un bar, d'une brasserie. On partage aisément sa bière, sa moule/frite, son anecdote rocambolesque. Entre les exposants (les vrais) se mêlent les étales de boissons fraîches vendues par des étudiants ou des vendeurs de khébab, quelques musiciens en herbe viennent y agrémenter l'atmosphère de leur musique quelque peu rock'n'roll et tout le monde participe joyeusement aux festivités. On y vient en famille, entre amis. En approchant de la place du Général de Gaulle où se dresse habituellement un podium pour artistes connus dont la prestation durera une partie de la soirée, les allées se rétrécissent tel un boyau engorgé. La braderie bat son plein, noire de monde, la nuit tombe petit à petit, ça sent le grailloux, la bière, la marée et la frite mais on adore ! On s'y étourdit allègrement, on y danse parfois, on y festoie quoiqu'il en soit. Le son lointain d'un groupe de musique se mêle au bruit des générateurs, des conversations et des rires ambiants. D'aucuns iront faire un détour vers la foire toute proche et reviendront prendre un bain de foule comme on les aime dans ces moments là, histoire de se plonger dans la chaleur d'une nuit de fin d'été.

dimanche 24 mai 2009

Trees aren't blue... but the sky !

Non il ne s'agit pas ici de ressasser la cultissime leçon d'anglais de 6ème, avec Brian en guest star dans sa cuisine et de répondre à la question non moins existentielle : where is Brian ?

Il s'agit de s'émouvoir d'une journée printanière en bord de mer.

Faire le recensement des maillots de bain. Me souvenir que deux d'entre eux m'ont été dérobés lors de mon dernier voyage. Me dire que j'ai bien fait d'adopter le style Kojac (depuis moultes années) au profit de celui de la guerre du feu pour arborer les maillots qui me restent et dont la couleur dominante est le blanc. Oublier la crème solaire et les lunettes de même utilité qui m'ont coûtées un bras.




Le ciel limpide et bleu, la mer d'huile affichant fièrement un camaïeu du même ton et cette lumière particulière de la côte bretonne. Une ville offrant ses fortifications en guise de bienvenue, ses commerces pour animation, ses plages pour immensité, ses pierres en gage d'authenticité et ses embruns pour parfum (quoique l'odeur du beurre salé du kouign-amann concurrence fortement celui-ci).


S'allonger sur le sable fin dont les rayons du soleil renvoient les nuances pailletées. Se perdre dans la profondeur du panorama qui nous est offert. Se laisser caresser par le vent léger. Pique-niquer tranquillement en savourant le moment présent. S'amuser sur la plage et démontrer que l'on est encore capable de multiplier les courses à vive allure pendant plus 30 secondes sans friser l'arrêt cardiaque à chaque sprint.


Regagner sa place et s'apercevoir, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, que la plage est prise d'assaut. Découvrir sans plus attendre que la famille groseille a pris position dans notre voisinage le plus approchant. Qu'il nous est impossible de ne pas être témoin de se qui s'y dit et de ce qu'il s'y passe. Se forcer, bien malgré nous, à ne pas intervenir devant un déballage d'absurdités qui n'arriverait pas à rivaliser avec les capacités intellectuelles d'un mollusque, le plus basique soit-il. Se dire que la bêtise humaine n'a pas de limite.


S'apercevoir que la marée gagne du terrain, forçant certains à se déplacer. Se laisser surprendre par sa vitesse de progression et se sentir obliger, à notre tour de partir. Ne pas avoir le sens de l'orientation au point de ne plus savoir quelle rue emprunter pour regagner la voiture. En profiter pour visiter le port. Constater que le soleil ne nous a pas épargné. La couleur de peau que l'on croyait simplement "rosie" s'avère franchement cramoisie !





Chercher frénétiquement le tube de crème miracle (j'ai nommé la biafine) pour soulager les méfaits du soleil. Se tourmenter pour savoir quels souliers l'on va bien pouvoir chausser avec des pieds dont l'augmentation de volume n'a d'égale que sa couleur rougeoyante.


Se balader en ville en ayant l'impression d'avoir une écriteau sur le front mentionnant "j'ai adopté un coup de soleil". Voir déambuler un spécimen dont la pilosité ne laisse aucune équivoque quant à la masculinité du personnage, bien qu'affublé d'une robe d'été et de chaussures à talon expansé. Le regarder distribuer des marguerites qu'il tient en bouquet fourni à bout de bras. Remarquer qu'il est seul et non accompagné d'une tripoté d'amis dans un état (d'ébriété) proche de l'Ohio, pour fêter un enterrement de vie de garçon (comme le veut la tradition). Arborant autour du cou un cercueil miniature en guise de porte-monnaie. S'amuser de l'hilarité des gens qu'il aborde.

Croiser un regard (qui ne m'est pas inconnu) agrémenté d'un sourire énigmatique laissant à méditer sur la nature humaine de la gent masculine. Se dire que c'est la deuxième fois dans la semaine et que les coïncidences sont parfois étranges...

mardi 12 mai 2009

Escapade bruxelloise



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Ce n'est pas la première fois (ni la dernière) que je visite la capitale belge, mais mon plaisir reste entier à chaque escapade.

Tout d'abord parce qu'on s'y sent bien. Je m'explique, Bruxelles a beau avoir le qualificatif de capitale, on a pourtant la sensation de déambuler dans une grosse ville de province, ni plus ni moins.


En outre, que l'on se promène dans les rues, le métro, le bus ou sur route, la tension et le stress frôlant le paroxysme palpable dans d'autres mégalopoles, comme Paris, est quasi insignifiant ici.




D'autre part, le mélange architectural y est intéressant, ne serait-ce qu'en visitant la Grand' Place, on peut y distinguer des styles tout à fait différents allant du médiéval à l'art déco, en passant par le néo-gothique. Vous en avez les illustrations ci-dessous avec l'hôtel de ville, le musée de la ville de Bruxelles, la Maison du Roi et bien évidemment les maisons de différentes corporations.







Mais aussi d'autres curiosités comme :





Je vous conseille vivement les Galeries royales Saint Hubert, dans lesquels l'on trouve les fashion boutiques, comme des petites terrasses fort sympathiques.

On peut y trouver aussi, lorsque le soleil est au rendez-vous de nombreux touristes de divers horizons et dont le côtoiement n'est pas toujours des plus heureux. J'en veux, pour anecdote, vous conter l'une d'entre elles.


Alors que nous étions à la terrasse d'une échoppe, à profiter du soleil printanier qui inondait la rue, nous entendîmes, bien malgré nous, une discussion non loin de là fort animée. Croyant qu'il y a avait là plusieurs personnes échauffées par un malheureux mélange de soleil et d'alcool, nous nous rendions vite compte qu'il s'agît du monologue d'une quinquagénaire à la poitrine protubérante, aux cheveux peroxydés, à l 'accoutrement vestimentaire improbable et à la voix nasillarde. Nous avions l'impression ahurissante d'être en présence d'un croisement de Jean-Marie Bigard et d'une poissonnière devant son étal de crustacés ! Le tout arrosé avé l'accent du sud-ouest (que j'affectionne normalement, mais là euh non vraiment pas) et enrichi d'un vocabulaire ordurier comme je n'en avais jamais entendu.

La stupéfaction et l'agression auriculaire à son comble, le tenancier des lieux qui n'en croyait pas lui-même ses oreilles sortît mettre de l'ordre en faisant déguerpir la tueuse-de-clientèle qui semait le désert autour d'elle, telle une station d'épuration déversant ses odeurs les plus nauséabondes.


Atomium



On ne peux pas éviter de parler gastronomie lorsqu'on visite la Belgique. Outre la renommée inter galactique de la frite belge, il existe bien d'autres mets tout aussi typiques que j'aime à déguster lorsque je m'y rends. Il y a bien évidemment la non moins fameuse fricadelle, rendue célèbre par le film de Dany Boon, mais aussi la carbonnade flamande, le waterzooi de poulet ou de poisson, le potjevleesch, le stoemp, le pâté gaumais, la cramique, la gauffre de Bruxelles.

Mais la Belgique c'est aussi une tradition ancestrale de bières aussi diverses que fameuses, de fromages et les très fameux chocolats Léonidas.




Je ne me lasserai pas de voir les serveuses d'haagen dazs lécher généreusement les verres trop remplis qu'elles amènent aux clients, de peur de renverser. Ce serait dommage, faut pas gâcher !

lundi 23 mars 2009

Curiosités siamoises...

Pour terminer ce périple asiatique, au cours duquel j'ai pu admirer des paysages sauvages, découvrant l'atmosphère particulière du Mékong, fleuve mythique aux confins du Triangle d'or entre la Thaïlande, la Birmanie (Myanmar) et le Laos. Célèbre lieu de production mondial de stupéfiant où l'opium (dont les tractations se réalisaient en or) régnait en maître et dont les vestiges sont présentés dans le musée du même nom.



La rencontre de tribus montagnardes dont le mode de vie semble immuable, comme figé au siècle dernier, vivant essentiellement de la culture de thé, café ou tabac et d'artisanat que seule une jeunesse désoeuvrée mais non moins motorisée (scooters) vient troubler la quiétude.



Le village des éléphants où la balade à dos de pachyderme semble être l'attraction touristique par excellence et où l'on peut voir négligemment affichée la photo de Rambo (alias Sylvester Stalone) pendant le dernier tournage de la saga du même nom, non loin de là, dans la jungle avoisinante. Un héros fatigué dont l'admiration fantomatique a fait place au sarcasme non dissimulé des pèlerins.




La ville de Chiang Mai, chantre de la production artisanale, si ce n'est de l'industrie du commerce touristique. On y trouve, entre autres choses, les ateliers de fabrication artisanale de laque de chine, des fabriques de soie, la plus grande bijouterie du pays et ses ateliers de taille de pierres précieuses et de jade et la ferme des orchidées.




Les curiosités thaïlandaises, parmi lesquelles les têtes de dragons (fruits roses), le whisky cobra (qui n'a de goût de whisky que le nom que l'on veut bien lui prêter mais la bébête, elle, est belle et bien véritable), les danses traditionnelles et leurs costumes ancestraux. Le cyclo-pousse, conduit bien souvent par un homme ayant dépassé l'âge légal de la retraite, transpirant plus que de raison pour promener les séants aux allures de poids lourds des touristes en mal d'authenticité !




Les singes de Lopburi.




Et pour finir, le très fameux pont de la rivière Kwai.




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