Affichage des articles dont le libellé est Une caméra - des comédiens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Une caméra - des comédiens. Afficher tous les articles

dimanche 27 décembre 2009

TETRO... le dernier Coppola

Synopsis : Tetro est un homme sans passé. Il y a dix ans, il a rompu tout lien avec sa famille pour s'exiler à Buenos Aires. Eclairagiste à ses heures perdues, il n'a plus qu'une passion : Miranda, son ange salvateur. Le rêve d'achever son roman et la promesse de revenir chercher son cadet, il les a rayés de sa mémoire. Pas Bennie qui, à l'aube de ses 18ans, profite d'une permission de la marine pour retrouver Tetro. Entre les deux frères, l'ombre d'un père despotique, illustre chef d'orchestre, continue de planer et de les opposer. Mais, Bennie veut comprendre. A tout prix. Quitte à enfreindre la loi du silence et que soit révélé l'inimaginable secret...




Loin des films à grand spectacle tels que "Le parrain" ou "Appocalypse now", Coppola signe ici son deuxième scénario (après Conversation secrète -1974-) qui nous dévoile un film intimiste aux encornures autobiographiques. Il aborde des sujets sensibles qu'il connaît bien : la rivalité entre deux frères (déjà abordé dans Le parrain), l'abandon et la perte d'un être cher (évoqué dans le fabuleux Rustin James) et le pouvoir despotique d'un père (Le parrain, toujours) qui n'hésite pas a étouffer dans l'oeuf la moindre ambition artistique de son entourage ("il ne peut y avoir qu'un seul génie dans la famille !").

Un opus en noir et blanc aux contrastes aussi complexes que peut l'être le personnage principale Tétro. Une mise en scène et une photo impeccables, tout en finesse et discernement qui mettent en valeur les blessures des personnages torturés par un secret de famille trop bien gardé.

Un régal pour les yeux, un sujet traité avec grandeur... un film américain comme j'aimerai en voir plus souvent !

dimanche 20 décembre 2009

Vincere !

La petite histoire :

"Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l’histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino, conçu, reconnu puis désavoué.
Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie.
Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien l’Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l’aider à financer le Popolo d’Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens.
Lorsque la guerre éclate, Benito Mussolini s’engage et disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvrira avec stupeur qu’il est déjà marié avec une autre femme. Ida n’aura dès lors de cesse de revendiquer sa qualité d’épouse légitime et de mère du fils aîné de Mussolini, mais sera systématiquement éloignée de force et son enfant mis dans un institut. Pourtant, elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort sa vérité."

Voilà un film qui ne laisse pas indifférent ! Savamment interprété par Giovanna Mezzogiorno dont la beauté du regard n'a d'égale que son pouvoir expressif. Elle campe le portrait d'une femme passionnément amoureuse avant de sombrer dans les abîmes sordides et machiavéliques du fascisme italien, en proie au déni d'existence. C'est avant tout le combat d'une femme de caractère, dotée d'une volonté à toute épreuve, qui fera tout ce qui est en son pouvoir, même cloîtrée dans un asile psychiatrique, pour faire éclater au grand jour la vérité et revendiquer sa véritable identité.

Film dramatique, émouvant (sans jamais sombrer dans la mièvrerie) et dénonçant sans complaisance le ridicule des mises en scènes des discours de Mussolini. Une destinée peu commune, rayée des livres d'histoire, qui mérite le déplacement.

A voir absolument !


"Vincere"de Marco Bellocchio, avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi. 2 h

mardi 14 juillet 2009

Whatever works... Le dernier Allen !

L'histoire :

À plus de 60 ans, Boris Yellnikoff (Larry David) a tout raté dans sa vie. Son mariage, son prix Nobel, son suicide. Hypocondriaque, cynique, ce génie de la physique qui claudique depuis sa défenestration, peste contre l'humanité tout entière et donne des cours de jeu d'échec à des enfants qu'il insulte. Il a des crises de panique, des cauchemars, des rituels . Lorsqu'il recueille chez lui Melody (Evan Rachel Wood), une jeune fugueuse de 21 ans échappée du Mississippi, la ravissante idiote s'incruste. Des neurones en moins mais la joie de vivre incarnée. Peu à peu, le pessimiste acharné se laisse séduire par l'enthousiasme maladif de Melody. Ils se marient, mais leur bonheur est menacé par l'arrivée surprise de Marietta (Patricia Clarkson), la mère de Melody.



Le dernier né de Woody Allen n'est certes par oscarisable, comme le dit lui-même le personnage principal de cette comédie, mais il marque le retour de la légèreté et de l'humour noir et sarcastique qu'il manie avant tant d'élégance. C'est un véritable florilège de bons mots avec des dialogues croustillants. Des personnages antagonistes à souhait qui trouvent le bonheur par des associations aussi improbables qu'étonnantes, mais ça fonctionne ! C'est d'ailleurs la devise du film : "n'importe quoi, pourvu que ça marche !"

Pour les amateurs du genre, un excellent moment à passer !

lundi 8 juin 2009

Antichrist, le film...

L'histoire est on ne peut plus simple. Un couple en deuil décide de se réfugier dans un chalet, au beau milieu de nulle part, si ce n'est la nature, pour oublier, se reconstruire et sauver ce qui peut encore l'être. Mais au lieu de renforcer les liens qui les unissent et de résoudre les désordres psychologiques qui les minent, ce huit clos va, au contraire, révéler des troubles encore plus profonds et provoquer des drames.

Je ne suis pas une inconditionnelle de Las von Trier, que j'ai découvert avec Dancer in the dark et Björk dans le rôle principale. J'avais adoré ce dernier, malgré la controverse qu'il avait suscité à l'époque. Il en est de même avec Antichrist.






Il faut croire qu'il est de bon ton de conspuer les oeuvres du cinéaste danois qui, dit-on, ne serait qu'un ersatz de Bergman en mal d'inspiration. C'est avant tout quelqu'un qui dérange mais jamais inutilement et qui sait à sa façon, pour le moins non conventionnelle, nous emmener aux confins de la frontière nébuleuse entre passion et raison, réalité et fantasmagorie, psychologie et sorcellerie. Il a le don de faire jaillir toute la férocité d'une fragile Charlotte Gainsbourg qui interprète magistralement le rôle de cette mère à la fois endeuillée et possédée.


Un film où se mêlent mysticisme et cruauté, lenteur et vitesse, monochromie et couleurs, musique et silence, douceur et violence. Des images qui accrochent, qui dérangent, qui provoquent une réaction, parfois inattendue mais qui ne laissent pas indifférent. Rien de pire que la tiédeur. Alors on aime ou on déteste, mais on ne reste pas insensible au prologue bercé par Haendel et d'un esthétisme irréprochable. L'annonce des différents chapitres entretient un suspens lourd et dense dont on découvre l'escalade dramatique à chacun d'entr'eux. Un film qui fait réfléchir et ça c'est déjà une réussite !





Ceci dit, je ne conseille à personne de vouloir garder son homme en lui infligeant un "sabot", non pas la chaussure mais plutôt comme celui que la marée chaussée utilise pour immobiliser votre véhicule...

jeudi 23 octobre 2008

L'ennemi public numéro 1



"L'instinct de mort", le premier volet du diptyque sur l'ennemi public numéro 1, j'ai nommé Jacques Mesrine, est éloquent. Servi par des comédiens hors pairs, notamment Vincent Cassel dont la performance est stupéfiante de véracité.

Le réalisateur alterne méthodiquement le noir & blanc et la couleur pour marquer les différentes époques, fort bien représentées de cette vie tourmentée de grand banditisme mais retracée sans complaisance ni sans verser dans l'excès inverse. Cet académisme n'altère en rien la fluidité du scénario gagnant en nervosité au fur et à mesure de son déroulement.

Un réalisme époustouflant, des scènes à ne pas mettre devant les yeux les plus sensibles mais rien n'y est gratuit ni surfait. Le tout se déroulant sur un rythme soutenu, juste ce qu'il faut, pour nourrir l'action mais aussi la violence physique et morale de ce film fort réussi !




Titre : l'instinct de mort
Acteurs : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Gérard Depardieu, Cécile de France...
Réalisateur : Jean-François Richet